Témoignage d’une agricultrice bio

J’ai 35 ans et je suis agri­cul­trice bio en Auvergne. Il y a deux ans, j’ai été contac­tée par une entre­prise pri­vée qui avait pour pro­jet d’installer un parc d’éoliennes dans ma commune.
Je les ai reçus avec joie ! J’avais hâte de par­ti­ci­per à un pro­jet éco­lo­giste et d’apporter mon grain de sel à la fin du nucléaire.

Première sur­prise : je m’attendais à ren­con­trer un repré­sen­tant de l’Etat, ou de la pré­fec­ture pour ce genre de pro­jet (l’énergie est, il me semble, le bien de tous et nous sommes tous concer­nés). En fait, il n’en était rien : c’était bien une entre­prise pri­vée finan­cée par des fonds de pen­sions étran­gers qui était char­gée du projet.
Un peu bizarre, mais, après m’être ren­sei­gnée, je me suis aper­çue que tous les pro­jets étaient tenus par des boîtes pri­vées qui pros­pectent un peu par­tout en France pour cher­cher des ter­rains où pla­cer des éoliennes.
Je pen­sais donc que cette socié­té vou­lait m’acheter un bout de ter­rain, un peu comme un pro­mo­teur immo­bi­lier « du vert ».
Deuxième sur­prise : la socié­té envi­sa­geait effec­ti­ve­ment d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne vou­lait « sur­tout pas » me dépos­sé­der de mes terres. Elle vou­lait seule­ment louer le ter­rain. Et cela, pour une somme abso­lu­ment miro­bo­lante : pour moi qui ai des reve­nus de 1500 euros par mois, on me pro­po­sait un loyer de 30 000 euros par an pour deux éoliennes implan­tées. Pendant 20 ans….30 000 qui tombent tous les ans et je par­ti­cipe à l’écologie natio­nale. Un rêve.
La socié­té a insis­té pour que je signe « rapi­de­ment », car d’autres agri­cul­teurs pou­vaient être aus­si inté­res­sés. A 30 000 par an, je n’en dou­tais pas une seconde.
Mais …je suis auver­gnate, et par nature, méfiante. J’en ai dis­cu­té avec …ma grand-​mère. Elle a hoché la tête, et elle m’a dit : « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la pos­sé­der ?, ici ? Là où nos terres ne valent pas grand-​chose ? « … « Il y a un loup quelque part ».
Alors j’ai cher­ché le loup. Et je l’ai trou­vé en deman­dant un nou­veau rendez-​vous avec la socié­té. Je leur ai deman­dé un contrat du bail. Et j’ai lu toutes les petites lignes.

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