L’éolien terrestre cherche un second souffle

À lire l’importante étude dévoi­lée, mar­di 8 octobre, par le syn­di­cat pro­fes­sion­nel France éner­gie éolienne (FEE), la filière semble plu­tôt bien se por­ter en France. En 2018, l’éolien a repré­sen­té 5 % de la pro­duc­tion élec­trique, en hausse de 15 %, et 1,5 giga­watt (GW) a été rac­cor­dé l’an der­nier, por­tant la puis­sance du parc à 15,3 GW. Au 31 décembre, la France comp­tait 1 380 parcs, soit 7 950 éoliennes.Des retom­bées fis­cales pour les col­lec­ti­vi­tés« La filière a rem­pli tous les objec­tifs fixés par les pou­voirs publics et contri­bue désor­mais de manière sub­stan­tielle à la sécu­ri­té d’approvisionnement du réseau », assure Olivier Perot, le pré­sident de France éner­gie éolienne. Le sec­teur se pré­sente éga­le­ment comme le pre­mier employeur « éner­gie renou­ve­lable » de France avec 18 200 postes, dont 1 100 créés l’an der­nier, et un mil­lier d’entreprises.« Chaque nou­veau méga­watt ins­tal­lé génère en moyenne 1,2 emploi, non délo­ca­li­sable et sou­vent en milieu rural », sou­ligne Pauline Le Bertre, délé­guée géné­rale de FEE. À cela s’ajoute la manne fis­cale pour les col­lec­ti­vi­tés, esti­mée par le syn­di­cat à 15 000 € en moyenne par an et par méga­watt rac­cor­dé. « Pour un parc moyen, l’ensemble des retom­bées éco­no­miques repré­sente 1 mil­lion d’euros par an », affirme Charles Lhermitte, le vice-​président de FEE.Les coûts baissentLes coûts ont éga­le­ment bais­sé et avoi­sinent les 63 € par mégawatt-​heure (MWh) dans l’éolien ter­restre, « soit un niveau com­pa­rable à celui du nucléaire amor­ti », estime Pauline Le Bertre. Pour l’éolien en mer, la baisse est encore plus sen­sible avec un appel d’offres rete­nu à Dunkerque au mois de mai en des­sous de 50 € par MWh, soit plus de quatre fois moins que les pre­miers pro­jets déci­dés en 2012 et qui n’ont tou­jours pas vu le jour. La chute des prix est jugée, en tout cas, suf­fi­sam­ment impor­tante par le gou­ver­ne­ment pour qu’il pro­mette d’accroître le rythme de lan­ce­ment de nou­veaux parcs, même si le calen­drier est encore à préciser.L’éolien ter­restre va devoir, lui aus­si, pas­ser à la vitesse supé­rieure afin d’atteindre les 34 GW de puis­sance ins­tal­lées en 2028, comme le pré­voit la pro­gram­ma­tion plu­ri­an­nuelle de l’énergie (PPE). « Cela néces­site d’installer 2 000 MW par an et d’avoir un cadre légis­la­tif stable pour y arri­ver », sou­ligne Olivier Perot, en rap­pe­lant qu’il faut huit ans en moyenne pour mettre en ser­vice un parc en France et que près de la moi­tié du ter­ri­toire est inter­dite aux éoliennes, pour des rai­sons mili­taires ou de radars météo.Les deux tiers des pro­jets sont attaquésMême si le rem­pla­ce­ment d’anciennes machines par de nou­velles plus grandes va méca­ni­que­ment accroître la puis­sance du parc, le rythme de pro­gres­sion pré­vue risque cepen­dant d’être dif­fi­cile à tenir. Car la contes­ta­tion reste forte sur le ter­rain. Les deux tiers des pro­jets font l’objet de recours, un niveau qui ne baisse pas au fil des années.Aujourd’hui, la moi­tié de la puis­sance rac­cor­dée en éolien se concentre dans deux régions, les Hauts-​de-​France et le Grand Est. « L’objectif est de nous déve­lop­per sur tout le ter­ri­toire, avec des machines qui peuvent mieux cap­ter les vents », explique Pauline Le Bertre, en citant par exemple la Nouvelle-​Aquitaine.

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