dix éoliennes en projet, vent de contestation en Xaintrie

Un vent de contes­ta­tion souffle sur la Xaintrie, en Corrèze, alors que va s’ou­vrir, lun­di 7 jan­vier, une enquête publique d’un mois (jus­qu’au 5 février) sur un pro­jet de parc de dix éoliennes por­té par la socié­té Eolfi. Ces éoliennes seraient implan­tées sur les com­munes de Camps (sept), Sexcles (deux) et Mercoeur (une). Sauf que, comme sou­vent en matière d’éo­liennes, il y a débat entre éco­no­mie et éco­lo­gie.

“Ca ne va rien appor­ter”

Les oppo­sants font valoir qu’il n’y aura aucun béné­fice local : pas de créa­tion pérenne d’emplois, la qua­li­té de vie va en prendre un coup, les espèces rares d’a­ni­maux vont en pâtir, le bâti va lui perdre de sa valeur. “Et ça va même détruire des emplois” affirme Marie Maugein, oppo­sante et pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Agir Autrement pour la Xaintrie (qui a lan­cé une péti­tion, il y a plus de trois ans, ayant recueilli plus de 1.800 signa­tures). “Sur un plan tou­ris­tique, ça ne va rien appor­ter voire, même, faire que cer­tains gîtes ruraux n’au­ront plus de clients alors que le tou­risme et l’a­gri­cul­ture sont les deux acti­vi­tés prin­ci­pales en Xaintrie”.

“Un pro­jet de déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire”

Et puis il y a l’argent : les com­munes et la com­mu­nau­té de com­munes ne ver­ront pas, ou peu, ce qui est annon­cé par le por­teur de pro­jet car elles redonnent déjà au pot com­mun au titre de la péréqua­tion explique Christian Delmas, élu à Sexcles, dont la muni­ci­pa­li­té emme­née par un nou­veau maire est contre le pro­jet. “C’est un dis­po­si­tif assez com­plexe. Si on prend ce que reverse les com­munes et la com­mu­nau­té de com­munes, ça repré­sente 400.000€ par an actuel­le­ment. Une bonne par­tie de ce que nous pro­met le pro­mo­teur va donc repar­tir dans le fonds de péréqua­tion”. “Il nous faut une occa­sion de revi­ta­li­ser le ter­ri­toire” rétorque Daniel Leymarie, adjoint au maire de Mercoeur et défen­seur du pro­jet depuis le début. “Notre zone se dépeuple, les écoles ferment, les ser­vices publics sont mena­cés, etc. Nous, élus, _​on ne veut pas se conten­ter des retom­bées fiscales_​. Nous sou­hai­tons en faire un véri­table pro­jet de déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire”. Notamment en per­met­tant aux habi­tants de par­ti­ci­per à son finan­ce­ment pour béné­fi­cier plus tard des retom­bées éco­no­miques.
Polémique sur la taille des éoliennes
Une polé­mique porte aus­si sur la hau­teur des éoliennes. “En 2010, le pro­jet a été pré­sen­té avec des éoliennes de 80 mètres de haut” reprand Marie Maugein, de l’as­so­cia­tion Agir Autrement pour la Xaintrie. “Aujourd’hui, le mât est à 160 mètres. Laisser implan­ter ces éoliennes, c’est auto­ri­ser que demain, peut-​être, ce sera 250 ou 300 mètres. Sur le plan de la modi­fi­ca­tion du pay­sage, c’est énorme”. Daniel Leymarie, adjoint au maire de Mercoeur, ne conteste pas l’é­vo­lu­tion du pro­jet. “Mais cela per­met d’a­voir la même capa­ci­té de pro­duc­tion avec un nombre infé­rieur d’éo­liennes. Il est de dix, ce n’est pas un parc gigan­tesque. Et puis, un mât de mesure est res­té en place dix huit mois. A par­tir du moment où le por­teur de pro­jet conclut qu’il y a un poten­tiel de déve­lop­pe­ment, c’est que les études ont été favo­rables”. Les rive­rains ont un mois pour faire valoir leurs remarques sur ce pro­jet esti­mé entre 35 et 40 mil­lions d’eu­ros.

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