Article Revue Joule

Selon une étude publiée ce 4 octobre 2018 dans la revue Joule, l’augmentation du nombre de parcs éoliens indui­rait une élé­va­tion signi­fi­ca­tive des tem­pé­ra­tures près de la sur­face, sur­tout visible en cours de nuit. Le papier se base sur l’observation et la modé­li­sa­tion des para­mètres envi­ron­ne­men­taux à proxi­mi­té des parcs éoliens ins­tal­lés aux États-​Unis. Ces résul­tats n’ont pas voca­tion à ralen­tir la tran­si­tion vers des éner­gies renou­ve­lables, comme le pré­cise l’auteur prin­ci­pal. Ils par­ti­cipent au contraire à l’évaluation des aspects posi­tifs et néga­tifs propres à chaque mode de pro­duc­tion éner­gé­tique, afin d’éclairer les déci­sions et pro­jets futurs. 

Pour limi­ter l’amplitude du réchauf­fe­ment glo­bal autant que faire se peut, l’humanité doit tran­si­ter le plus rapi­de­ment pos­sible vers une éco­no­mie sobre en car­bone – que l’on appelle aus­si par­fois de façon abu­sive une éco­no­mie dé car­bo­née. Cet objec­tif passe notam­ment par l’abandon total ou par­tiel des éner­gies fos­siles – pétrole, gaz, char­bon entre autres -, encore gran­de­ment uti­li­sées à l’heure actuelle, au pro­fit d’énergies alter­na­tives. Ces der­nières incluent par exemple les renou­ve­lables, dont l’éolien et le solaire sont celles qui viennent le plus sou­vent à l’esprit.

Mais com­ment des éoliennes peuvent-​elles mener à un réchauf­fe­ment de l’air près de la surface ?

En fait, contrai­re­ment aux éner­gies fos­siles qui conduisent à une accu­mu­la­tion nette de cha­leur dans l’ensemble du sys­tème cli­ma­tique – via l’émission de gaz à effet de serre -, les éoliennes pro­voquent une simple redis­tri­bu­tion de la tem­pé­ra­ture consé­cu­tive au bras­sage de l’air par les pales.

L’air le plus proche de la sur­face, au pied de l’éolienne, a en effet ten­dance à être plus froid que celui situé à son som­met, sur­tout en cours de nuit où le sol se refroi­dit plus vite que l’air au-​dessus. Le mou­ve­ment des pales induit un mélange entre ces deux niveaux, et aug­mente fina­le­ment la tem­pé­ra­ture près du sol – mais la refroi­dit en altitude.

Bien qu’ayant des impli­ca­tions comme nous l’avons vu plus haut, cet effet local et sans pro­duc­tion nette de cha­leur n’a donc rien de com­pa­rable avec le réchauf­fe­ment glo­bal pro­vo­qué par les rejets de gaz à effet de serre.

Toutefois, dans l’optique d’une éco­no­mie dé car­bo­née, l’analyse pré­cise de l’impact envi­ron­ne­men­tal lié aux dif­fé­rentes éner­gies alter­na­tives per­met­tra peut-​être d’en pri­vi­lé­gier certaines.

Par exemple, choi­sir une pers­pec­tive pré­fé­ren­tiel­le­ment orien­tée vers le solaire plu­tôt que vers l’éolien – pour le même taux de pro­duc­tion d’énergie, le solaire pho­to­vol­taïque a près de dix fois moins d’impact sur les variables cli­ma­tiques que les sys­tèmes éoliens. 

Ou alors, sim­ple­ment modi­fier le fonc­tion­ne­ment des tur­bines asso­ciées à ces der­niers, en pri­vi­lé­giant leur fonc­tion­ne­ment en cours de jour­née plu­tôt qu’en cours de nuit afin de mini­mi­ser l’effet sur la tem­pé­ra­ture. (sachant que le taux d’utilisation des éoliennes qui est obser­vé est déjà très faible…environ 25%)

En tout cas, il convient d’insister sur le fait que même si les éner­gies renou­ve­lables auront sans nul doute des consé­quences envi­ron­ne­men­tales, cela n’est en aucun cas une rai­son pour conti­nuer à uti­li­ser mas­si­ve­ment les com­bus­tibles fos­siles (bien plus pro­blé­ma­tiques) ou à retar­der voire reje­ter la tran­si­tion vers les éner­gies alternatives.

À ce sujet, l’auteur prin­ci­pal de l’étude, Lee M. Miller, craint que ces résul­tats soient mal inter­pré­tés voire détour­nés par les néga­teurs du chan­ge­ment cli­ma­tique ou dans l’intérêt des groupes indus­triels impli­qués dans la pro­duc­tion d’énergies car­bo­nées. « Je n’ai aucun doute sur le fait que ces résul­tats seront mal inter­pré­tés », indique-​t-​il.

Parc éolien : des citoyens dubitatifs et inquiets

La polé­mique
L’Association de pré­ser­va­tion de l’environnement (Apel) Anjou s’oppose au pro­jet d’installation de quatre éoliennes en bor­dure de la forêt de Longuenée, à La Membrolle. Vendredi soir, elle avait invi­té les citoyens à une réunion d’information.

Près de quatre-​vingts per­sonnes sont venues écou­ter le pré­sident de l’association, Jean-​Yves Macron. Il a d’abord rap­pe­lé quelques élé­ments tech­niques sur l’éolien, avant d’ouvrir le débat avec des ques­tions essen­tielles, et des réponses tout aus­si pertinentes
Pourquoi des éoliennes ? « Elles sont cen­sées rem­pla­cer les éner­gies pol­luantes, nous faire sor­tir du nucléaire et du ther­mique, et dimi­nuer la pro­duc­tion de CO2,indique Jean-​Yves Macron. De plus, elles seraient propres, éco­lo­giques et créa­trices d’emplois locaux. Or, ce n’est pas le cas. »

Sa mai­son a per­du 40 % de sa valeur

Il prend l’exemple de l’Allemagne. « Après être sor­tie du nucléaire, elle a le parc éolien le plus impor­tant d’Europe, mais a vu ses rejets de CO2 mul­ti­pliés par six. Le ren­de­ment des éoliennes est tel­le­ment faible – 22 % car il n’y a pas tou­jours du vent – que les Allemands ont dû com­pen­ser leur manque de pro­duc­tion par la construc­tion de cen­trales ther­miques à char­bon ou à gaz. »
Aujourd’hui, avec un « recul de près de 20 ans, on sait quels sont les effets néfastes pro­vo­qués par l’éolien : dégra­da­tion du pay­sage, risques de menaces sur la san­té engen­drés par les infra­sons, pol­lu­tion audi­tive et visuelle, menace sur la faune dont des espèces pro­té­gées, et déva­lo­ri­sa­tion des biens immobiliers ».
Une habi­tante de Tigné, dont la mai­son est située à 1,5 km d’un parc éolien, est venue témoi­gner : sa mai­son a per­du 40 % de sa valeur.
Un habi­tant d’Angrie est venu dire com­bien l’ambiance dans la com­mune s’était dégra­dée, et que la ziza­nie s’est ins­tal­lée entre les oppo­sants au pro­jet d’un parc éolien et les pro­prié­taires qui ont loué leurs terres aux promoteurs.
Qu’en pensent les élus ? Ils se disent « en manque d’information », mais un seul conseiller muni­ci­pal de Longuenée-​en-​Anjou était pré­sent, ven­dre­di soir.
À l’issue de la réunion, les par­ti­ci­pants étaient plu­tôt dubi­ta­tifs et inquiets sur le deve­nir de leur territoire.
Ils ont le sen­ti­ment que c’est plus une affaire de « gros sous » qu’une réelle pré­ser­va­tion de l’environnement.
Ils sont réso­lus à inter­pel­ler leurs élus, afin qu’ils prennent en consi­dé­ra­tion les doléances de leurs admi­nis­trés. Une péti­tion est en ligne sur le site inter­net apelanjou.info.

Bientôt, ils verront 16 éoliennes de leur jardin

Annie et Francis Jadeau, enga­gés contre l’éolien, regrettent que le pay­sage de leur vil­lage de Saint-​Généroux soit défor­mé par les hélices géantes.

Décidément, depuis quelques années, une nou­velle espèce, inva­sive pour les uns, utile pour les autres, fleu­rit dans le Thouarsais. Les éoliennes, ces grandes tiges métal­liques à trois pétales, sou­vent de plus en plus hautes, connaissent une crois­sance presque digne des gra­mi­nées. Ou des plantes adven­tices, diront ces pre­miers. D’ici quelques années, la barre des cent pour­rait être fran­chie, rien que sur le ter­ri­toire de la com­mu­nau­té de communes.

Ainsi, les pro­jec­teurs se braquent cette fois (encore) sur Saint-​Généroux. Le petit vil­lage, char­gé d’histoire, voit les huit hélices géantes de l’entreprise Saméole en train d’être mon­tées. De quoi éner­ver Annie et Francis Jadeau, un couple qui s’est bat­tu jusqu’au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Poitiers pour empê­cher la construc­tion de ce parc éolien. Sans succès.

Les deux citoyens voient donc cette construc­tion, visible depuis chez eux, d’un mau­vais œil. 

Visibles en arrière-​plan de l’église

« D’autant que se déroule actuel­le­ment une enquête publique pour la construc­tion de six éoliennes sup­plé­men­taire sur le parc éolien d’Availles-Thouarsais qui en compte déjà dix (lire ci-​dessous) », explique mon­sieur Jadeau.

« Sans par­ler du pro­jet d’implantation de dix éoliennes à che­val sur Saint-​Varent et Saint-​Généroux qui a recueilli un avis favo­rable du com­mis­saire enquê­teur », embraye madame Jadeau. D’après les pro­jec­tions qui ont été faites, ils pour­raient aper­ce­voir jusqu’à 16 de ces mou­lins modernes depuis leur ter­rain. « Il est pour­tant écrit sur les dos­siers que les zones boi­sées les cache­ront. Vous pen­sez vrai­ment que des arbres, même hauts de 15 m, suf­fisent à sous­traire à la vue des machines de 150 m ? » inter­roge Francis Jadeau. Annie Jadeau va même plus loin en affir­mant qu’ « elles ne sont pas visibles que depuis chez nous. Elles le sont aus­si en arrière-​plan de l’église pré­ro­mane du vil­lage, par­ti­cu­liè­re­ment ancienne », au point d’être clas­sée par­mi les Monuments his­to­riques depuis 1846.

Mais ce n’est pas tout. Les plai­gnants regrettent sur­tout l’impact sur l’environnement, sou­vent mini­mi­sé. « Dans le cas du parc entre Saint-​Varent et Saint-​Généroux, le Groupe orni­tho­lo­gique des Deux-​Sèvres (Gods) est inter­ve­nu pour dire qu’elles étaient implan­tées dans une zone sen­sible pour le busard cen­dré. En réponse, on a chan­gé un peu l’aménagement du parc pour lais­ser une zone d’atterrissage à l’oiseau. Comme s’ils étaient priés de se poser là où on leur demande ».

Éoliennes de la montagne noire : le vent tourne, la lutte s’organise

De plus en plus de voix s’élèvent contre le déve­lop­pe­ment anar­chique de parcs éoliens en France. Dans la Montagne Noire, une pre­mière mobi­li­sa­tion a ras­sem­blé dimanche der­nier une cen­taine d’opposants qui s’inquiètent pour leur cadre de vie, leur san­té, la biodiversité…

« C’est moche et ça fait beau­coup de bruit, même si pour cer­tains les éoliennes ont une bonne image, sauf pour les gens qui vivent à côté », se plaint une convive lors du repas pris en com­mun. Sur les hau­teurs de Cubserviès, près de Roquefère, une cen­taine d’habitants de la Montagne Noire se sont mobi­li­sés afin de mar­quer leur désac­cord quant à la pro­li­fé­ra­tion non contrô­lée des éoliennes sur leur lieu de vie, leurs nui­sances acous­tiques, visuelles et autres. Une jour­née avait été orga­ni­sée par l’association Vent Mauvais, qui asso­ciait le carac­tère ludique avec une ran­don­née le matin, et le sérieux l’après midi avec une pla­te­forme de discussion.

Les pro­mo­teurs d’éolien semblent gui­dés par le pro­fit, la ren­ta­bi­li­té plu­tôt que par la tran­si­tion énergétique

D’entrée, le cadre était tra­cé. Avec 700 éoliennes, l’Occitanie veut deve­nir la pre­mière région à éner­gie posi­tive d’Europe. Mais, selon les oppo­sants à l’éolien indus­triel, les pro­mo­teurs d’éolien semblent gui­dés par le pro­fit, la ren­ta­bi­li­té plu­tôt que par la tran­si­tion énergétique.

Dominique Boury, secré­taire du col­lec­tif TNE-​OE (Toutes Nos Energies Occitanie Environnement) fai­sait état de l’avancée des oppo­sants à l’énergie éolienne ter­restre : « Il existe à ce jour 1300 asso­cia­tions en France, dont 160 en Occitanie, regrou­pées sur TNE et qui veulent faire entendre leurs voix auprès des pou­voirs publics. Dans notre région, la lutte anti-​éolien a pris de l’ampleur comme dans l’Aveyron, dans les P.-O., en Tarn-​et-​Garonne avec un pre­mier front. Il y a quatre ou cinq ans on prê­chait dans le désert, aujourd’hui il y a une lueur d’espoir. L’essor de l’éolien est une affaire de gros sous, les pro­mo­teurs se sont rués sur ce mar­ché pour le prix du kw/​h payé. En Allemagne, le sec­teur de l’éolien s’effondre, 26 000 emplois ont été sup­pri­més lorsque l’on a sup­pri­mé la carotte de l’argent ».

Patrice Lucchini, au nom de Vent Mauvais, recen­trait ses pro­pos sur la Montagne Noire, qui compte déjà huit cen­trales pour 86 éoliennes et qui demain, avec les construc­tions et les pro­jets à venir, pour­rait atteindre le chiffre de 150. Plusieurs de ces pro­jets sont dans son viseur : « A Laprade, sept sont envi­sa­gés près du Mémorial de la Résistance de Fontbruno, alors que la tota­li­té de ses habi­tants ont voté contre. à Pradelles-​Cabardès, au lieu-​dit La Braquette, le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Montpellier a reto­qué l’avis défa­vo­rable émis par le Préfet concer­nant trois éoliennes. Dans le sec­teur de Pradelles/​Cabrespine encore, un repo­we­ring pré­voit de rem­pla­cer 16 éoliennes par neuf de nou­velle géné­ra­tion avec des hau­teurs de 200 mètres en bout de pâles et des puis­sances tri­plées. Dans le vil­lage des Martys, sur le pla­teau du Sambrès déjà pour­vu de 26 éoliennes, six autres sont prévues ».

D’autres inter­ven­tions, comme celle de Jacques Biau, un Tarnais à la tête de Nostra Montanha à Rialet-​sur-​Tarn, et celle de Thierry Farion, du Collectif Citoyen pour des Corbières Vivantes autour de Davejean-​Dernacueillette, appuyaient encore un peu plus le trait à tra­vers des épi­sodes récents. Tous s’accordent à dire qu’il n’existe aucune poli­tique de pla­ni­fi­ca­tion et que chaque pro­jet était assu­jet­ti à la volon­té ou non d’élus locaux, sachant qu’en der­nier lieu l’aval du repré­sen­tant de l’état est obli­ga­toire : « Le maire ouvre la porte, le pré­fet décide ». Dans ce cadre-​là, le pré­sident de Vent Mauvais était reçu ce jeu­di 12 sep­tembre à la pré­fec­ture pour la pre­mière fois en vue d’évoquer la situa­tion dans la Montagne Noire. Les repré­sen­tants des dif­fé­rentes asso­cia­tions demandent un mora­toire d’un an. Dans cette attente, une péti­tion signée via inter­net par plus de 9000 citoyens a été remise par la même occa­sion au pré­fet par inté­rim du dépar­te­ment de l’Aude, Claude Vo-Dinh.

Mâron (54) : un projet de parc éolien contesté

Ils se mobi­lisent pour dire « non » à l’implantation d’éoliennes sur leur com­mune. À Mâron, une asso­cia­tion décide d’engager un bras de fer avec la mai­rie, qui envi­sage d’installer entre 3 et 4 éoliennes. L’étude de fai­sa­bi­li­té du pro­jet vient de débuter.

C’est un nou­veau com­bat qui débute à Maron : un pro­jet d’implantation d’éoliennes est en cours d’examen. Les études de fai­sa­bi­li­té viennent de débu­ter. Selon la mai­rie, ce sont entre 3 et 4 éoliennes qui pour­raient être ins­tal­lés. Ce pro­jet, l’association « Pour la sau­ve­garde du visuel » n’en veut pas ; elle se bat depuis main­te­nant plus d’un an, mais vient de déci­der de pas­ser à la vitesse supérieure.

C’est un nou­veau com­bat qui débute à Maron : un pro­jet d’implantation d’éoliennes est en cours d’examen. Les études de fai­sa­bi­li­té viennent de débu­ter. Selon la mai­rie, ce sont entre 3 et 4 éoliennes qui pour­raient être ins­tal­lés. Ce pro­jet, l’association « Pour la sau­ve­garde du visuel » n’en veut pas ; elle se bat depuis main­te­nant plus d’un an, mais vient de déci­der de pas­ser à la vitesse supérieure.

Obtenir le sou­tien de la popu­la­tion… et du préfet

L’association d’opposants aux éoliennes compte mul­ti­plier les actions pour aler­ter et obte­nir le sou­tien des habi­tants du sec­teur. Ses membres craignent des nui­sances visuelles et sonores, des consé­quences pour la faune et la flore, mais aus­si pour l’immobilier dans le secteur.

À 4 kilo­mètres d’ici, à Vouillon, il y a déjà onze éoliennes. Guilhem de Tarlé craint de se retrou­ver très vite encer­clé, d’autant que la com­mune voi­sine de Sassierges-​Saint-​Germain envi­sage elle aus­si l’implantation de ces ins­tal­la­tions. Elle mène d’ailleurs ce pro­jet avec la com­mune de Mâron.

Favoriser une éner­gie renouvelable

Si la maire de Mâron a déci­dé de sou­te­nir le pro­jet, c’est pour favo­ri­ser les éner­gies renou­ve­lables affirme le maire, Jean-​Claude Ballon. Ces éoliennes repré­sentent aus­si une source de reve­nus pour la com­mune. Via une taxe, elles pour­raient rap­por­ter « quelques dizaines de mil­liers d’euros, pas des sommes astro­no­miques » affirme le maire.

Pour le moment, le pro­jet est encore en phase d’étude. Les oppo­sants comptent désor­mais sur le pré­fet, c’est lui qui devra in fine vali­der ou non ces implan­ta­tions d’éoliennes. Ils réflé­chissent éga­le­ment à la pos­si­bi­li­té de créer une liste anti-​éoliennes aux élec­tions muni­ci­pales à Mâron.

L’éolien à tout prix, une impasse écologique

D’un côté, les pou­voirs publics encou­ragent l’installation de coû­teuses éoliennes qui défi­gurent le pay­sage et ne pro­duisent que par inter­mit­tence. De l’autre, Bruxelles décou­rage l’hydroélectricité en vou­lant détruire bar­rages et mou­lins au nom de la conti­nui­té des cours d’eau. Où est la logique écologique ?

C’est un des mys­tères fran­çais les plus intri­gants de notre époque : alors que des mil­liers d’éoliennes fleu­rissent sur le ter­ri­toire, des dizaines de mil­liers de mou­lins, bar­rages, rete­nues d’eau, lacs, écluses et biefs sont voués à la des­truc­tion administrative.

Pour para­phra­ser la for­mule du géné­ral de Gaulle, l’écologie étant une affaire bien trop sérieuse pour la confier à des éco­lo­gistes, ten­tons de l’aborder ici en novice et sans par­ti pris.

Dans un ouvrage aus­si cou­ra­geux que docu­men­té (*), Pierre Dumont et Denis de Kergorlay détaillent ce nau­frage annon­cé qu’incarne le parc éolien ter­restre fran­çais. 7.000 éoliennes, de plus en plus nom­breuses (objec­tif 50.000 à hori­zon 2050) et de plus en plus grandes, font cou­ler tou­jours plus de béton dans la terre ; mas­sacrent nos pay­sages, consti­tu­tifs de notre patri­moine et de notre iden­ti­té ; font la for­tune d’une poi­gnée de finan­ciers, d’industriels et d’agriculteurs plus chan­ceux ou connec­tés qu’avisés.

Frankestein éco­lo­gique

Avec ces cornes d’abondance de béton et de métal mêlés, viennent leurs corol­laires : la pré­va­ri­ca­tion, la pol­lu­tion des terres, la mise en dan­ger de la faune ani­male, des oiseaux et des chauve-​souris. N’en jetez plus ? Malgré des dizaines de mil­liards de sub­ven­tions détour­nées du pou­voir d’achat des Français (sous forme d’impôts), l’éolien, cerise sur le gâteau, est l’une des éner­gies les moins ren­tables du mix éner­gé­tique fran­çais : deux fois le coût du nucléaire ; 57 % plus cher que le solaire ; et l’intermittence de cette éner­gie oblige à doter les éoliennes de moyens de pro­duc­tion pilo­tables… émet­teurs de CO2 ! En lan­gage de Millennials, cela s’appelle un vent.

Ce Frankenstein éco­lo­gique est le fruit de deux des pires maux fran­çais actuels : d’abord, l’option pré­fé­ren­tielle pour l’idéologie et l’affichage poli­tique plu­tôt que les faits : les éoliennes sont rui­neuses et nuisent à l’environnement, et alors ? Ces monu­ments visibles de « l’action en faveur du cli­mat » – péri­phrase qui ne signi­fie rien – sont la preuve vivante que les poli­tiques font de l’écologie. L’objectif est atteint. Ensuite, le jaco­bi­nisme bureau­cra­tique, peu importe qu’il soit pari­sien ou bruxel­lois, s’impose à la connais­sance et l’initiative locales.

Alors que se déploient sur tout le ter­ri­toire ces ver­rues ver­ti­cales pol­luantes, l’on a déci­dé, entre Paris et Bruxelles, qu’il fal­lait condam­ner à mort des mil­liers d’ouvrages, sou­vent cen­te­naires et par­fai­te­ment inté­grés au pay­sage, pro­dui­sant une éner­gie alter­na­tive mil­lé­naire par­ti­cu­liè­re­ment com­pé­ti­tive : l’eau.

La France, avec 74 fleuves, 416 rivières, 1.714 canaux et 1.288 tor­rents, est dotée d’un gigan­tesque poten­tiel hydro­élec­trique . S’il existe un débat d’experts sur le chif­frage exact de ce poten­tiel (entre 10.000 et 40.000 méga­watts), l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie (rap­port 2017) l’évalue à 25.000 méga­watts, soit davan­tage que le poten­tiel des éner­gies fos­siles ; cinq fois celui du solaire, trois fois celui de l’éolien. Et avec des ins­tal­la­tions, basses, qui se fondent natu­rel­le­ment dans nos pay­sages, res­pec­tant l’environnement, tout en sti­mu­lant l’activité et les cen­taines de mil­liers d’emplois de la filière BTP-​construction. Des emplois non délo­ca­li­sables, à la dif­fé­rence des pro­duc­tions de pho­to­vol­taïques et d’éoliennes, très loin du ter­ri­toire français.

Des ouvrages menacés

Pourquoi cette ruée vers l’or de l’eau n’a pas encore eu lieu ? D’abord à cause de Bruxelles : au nom du prin­cipe de la conti­nui­té éco­lo­gique, la directive-​cadre sur l’eau (2000) impose à la France de détruire tout ce qui pour­rait faire entrave au cours de l’eau, rivière par rivière. Les aya­tol­lahs de l’écologie poli­tique s’engouffrent dans cette brèche curieuse (imagine-​t-​on l’équivalent sur la terre ferme, où il fau­drait détruire tout ce qui fait « entrave » à la nature ?) et, aidés en cela par des admi­nis­tra­tions zélées, poussent les ser­vices de l’Etat à une véri­table fré­né­sie des­truc­trice. En Seine-​Normandie, en Artois-​Picardie, en Loire-​Bretagne, ce sont des mil­liers d’ouvrages, du simple mou­lin jusqu’aux bar­rages de la Sélune, que l’on veut détruire avec l’argent public, le plus sou­vent contre l’avis des popu­la­tions locales .

Les idéo­logues, les admi­nis­tra­tions pari­siennes et Bruxelles auront le der­nier mot ; et tant pis si la réa­li­té de la nature et le mys­tère de la vie vont à rebours de ces dogmes : ce n’est pas parce que vous inter­rom­pez un cours d’eau que les gre­nouilles, puis les pois­sons, ne vont plus s’y déployer en abon­dance. Au contraire. Simplement, pour com­prendre ces phé­no­mènes, il faut non pas trac­ter, twee­ter, ou faire du lob­bying rue de Grenelle. Mais aller au contact de la nature ; arpen­ter les lacs et les rivières ; faire preuve aus­si d’une forme d’humilité, si étran­gère aux éco­lo­gistes mili­tants qui veulent façon­ner le monde et ses habi­tants à leur image.

(*) « Eoliennes : chro­nique d’un nau­frage annon­cé », Editions François Bourin, 2018.

Edouard Tétreau est asso­cié gérant de Mediafin.

Le parc éolien français à nouveau à l’arrêt

Le 26 août à 10h, les éoliennes de toute la France des­ti­nées à pro­duire de l’électricité au réseau n’ont four­ni que 588 MW soit moins de 1% du total de la fabri­ca­tion d’électricité. Ce sont les cen­trales à gaz qui comme d’habitude ont pris le relais avec 4337 MW. Ces chiffres montrent l’inutilité de ces éoliennes, des machines pha­rao­niques inca­pables de pro­duire de l’électricité lorsque les consom­ma­teurs en ont besoin. La même situa­tion s’est pro­duite le 22 juillet 2019.

Et l’intérêt général ?

La pro­duc­tion inter­mit­tente des éoliennes dépend uni­que­ment du bon vou­loir du vent et non pas de leur gigan­tisme ou de leur nombre. Elles ne peuvent faire face ni aux vagues de froid, ni aux vagues de cha­leur, c’est-à-dire au moment cri­tique ou l’électricité d’un pays devient vitale. Un bla­ckout est consi­dé­ré comme une catas­trophe poten­tielle natio­nale met­tant en dan­ger la sécu­ri­té des citoyens.

L’obstination du gou­ver­ne­ment, qui a accé­lé­ré le pro­gramme d’implantation d’éoliennes en sup­pri­mant toutes les lois qui pro­té­geaient les citoyens, était sus­pecte. Il pri­vi­lé­giait ain­si des inté­rêts pri­vés de pro­mo­teurs par rap­port à l’intérêt général.

La Fédération Environnement Durable demande d’arrêter le pro­gramme éolien qui met en dan­ger la France.être ins­tal­lés. Ce pro­jet, l’association « Pour la sau­ve­garde du visuel » n’en veut pas ; elle se bat depuis main­te­nant plus d’un an, mais vient de déci­der de pas­ser à la vitesse supérieure.

Mont Saint Vincent : Vent de sottise demande un moratoire

Ils ne sont pas contre mais ne sont néces­sai­re­ment pour les éoliennes. La fédé­ra­tion Vent de sot­tise qui a tenu son assem­blée géné­rale same­di à la mai­rie de Mont-​Sain-​Vincent, dans son rap­port moral, cite un échange entre Luc Ferry et Daniel Cohn Bendit. L’ancien ministre trai­tant l’ex-député euro­péen d’ignorant sur la face cachée des éoliennes. Un Luc Ferry qui monte au cré­neau pour s’offusquer des consé­quences néfastes de ces éoliennes sur l’avenir de l’homme au sein de la belle nature.

Devant une dizaine d’associations qui cha­cune de son côté sur­veille de près les pro­jets de parc éolien, Joël Jouve, pré­sident de Vent de Sottise a notam­ment rap­pe­lé que « nous deman­dons un mora­toire sur les éoliennes en Saône-et-Loire ».

Car tou­jours d’après le pré­sident, « le sujet des éoliennes dans notre dépar­te­ment pro­voque des coups de gueule dans le bureau du pré­sident Accary. Il en a marre de rece­voir des lettres des asso­cia­tions ». Il ajoute : « Nous atten­dons que le pré­sident Accary nous reçoive ».

Il rap­pelle au pas­sage le suc­cès de Vent de Sottise dans l’arrêt du pro­jet des quatre éoliennes à Saint-​Romain-​sous-​Gourdon (lire par ailleurs). 

« Nous ne sommes pas contre les maires, nous sommes là pour les aider à ne pas faire de bêtises, notam­ment com­ment sor­tir la tête haute » avance Joël Jouve. VDS a même édi­té une revue très docu­men­tée qui s’appelle « Le guide de l’élu et de l’éolien ».

Par ailleurs, le pré­sident annonce un évé­ne­ment très impor­tant, qu’il tient du maire Jean Girardon, la venue le 6 octobre pro­chain à Mont-​Saint-​Vincent, de la ministre Jacqueline Gourault, char­gée de la cohé­sion des ter­ri­toires et des rela­tions avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales à l’invitation des maires ruraux de France.

« J’ai ren­con­tré le maire (Jean Girardon), nous serons reçus par la ministre » pré­cise Joël Jouve. 

Vent de sot­tise à le vent dans le dos. 

Jean Bernard