Les étangs du grand et du petit Baronnet

L’étang du Grand Baronnet
D’une super­fi­cie d’environ 40 ha, il se situe à une alti­tude de 371 mètres. Il est entou­ré par une bande boi­sée rela­ti­ve­ment éten­due et par une large rose­lière, qui occupent la quasi- tota­li­té du linéaire de berges. L’accès au plan d’eau est ren­du dif­fi­cile par le fort déve­lop­pe­ment de ces cein­tures de végé­ta­tion. De nom­breuses prai­ries de pâture et de fauche entourent cet ensemble.

L’étang du Petit Baronnet
D’une super­fi­cie d’environ 10 ha, il se situe à une alti­tude de 370 mètres. C’est un étang beau­coup plus ouvert que les pré­cé­dents. Quelques rares zones de rose­lières et quelques sec­teurs boi­sés ponc­tuent les berges. Les prai­ries de pâtures cernent le plan d’eau.

Pour l’ensemble des étangs, les berges sont en pente douce et la pro­fon­deur maxi­mum des plans d’eau ne dépasse pas trois mètres.

L’étang du Grand Baronnet est ali­men­té par les eaux de ruis­sel­le­ment de son bas­sin ver­sant et les eaux d’écoulement sortent de l’étang en pas­sant par une vanne puis se jettent dans le ruis­seau le Tamaron deux km plus au nord.

L’étang du Petit Baronnet est ali­men­té par les eaux de ruis­sel­le­ment et les eaux d’écoulement, s’évacuant par l’intermédiaire d’un moine, se jettent éga­le­ment dans le Tamaron à envi­ron un kilo­mètre et demi de la confluence entre le Tamaron et le ruis­seau d’écoulement des eaux du Grand Baronnet.

Dans les étangs du petit & du grand Baronnet, la Cistude d’Europe

La Cistude d’Europe est une espèce rare de tor­tues, pré­sente dans les étangs du petit et du grand Baronnet à Martigny le comte. Un pro­jet d’im­plan­ta­tion d’éo­liennes pour­rait avoir des consé­quences très néfastes pour sa sur­vie en bou­le­ver­sant l’é­co­sys­tème dans lequel elle se repro­duit.

On trouve des Cistudes essen­tiel­le­ment dans les étangs du petit et du grand baron­net. Cet envi­ron­ne­ment humide est essen­tiel­le­ment ali­men­té par l’é­cou­le­ment natu­rel des eaux de pluie. Toute construc­tion en amont pou­vant endom­ma­ger ce fra­gile équi­libre, nous devons être par­ti­cu­liè­re­ment vigi­lants.

Présentation de la Cistude

Appelée aus­si tor­tue bour­beuse, en rai­son de son inté­rêt pour les fonds vaseux, la taille de sa cara­pace atteint près de 20 cen­ti­mètres au maxi­mum. La Cistude est de cou­leur sombre (par­fois noi­râtre) et ornée de points jaune vif (qui peuvent s’estomper sur la cara­pace). Elle est omni­vore et avale sa nour­ri­ture sous l’eau. Elle se montre éga­le­ment oppor­tu­niste : en Camargue par exemple, une étude à mon­tré un régime essen­tiel­le­ment à base d’invertébrés (insectes, gas­té­ro­podes, crus­ta­cés, arach­nides…), de plantes, et plus rare­ment de ver­té­brés.

C’est une espèce lon­gé­vive (40–60 ans) qui habite les zones humides. La matu­ri­té sexuelle du mâle est com­prise entre 6–13ans et chez les femelles 18–20 ans ; on la trouve de pré­fé­rence dans les étangs, dans les lacs, marais, mares, cours d’eau lents ou rapides, canaux. Elle affec­tionne les fonds vaseux où elle trouve refuge en cas de dan­ger ou pen­dant l’hi­ver­na­tion et l’es­ti­va­tion. La pré­sence d’une bor­dure plus ou moins éten­due de roseaux ou de joncs, de végé­ta­tion aqua­tique flot­tante est de même recher­chée.

Dans cer­taines cir­cons­tances, elle peut se pas­ser d’eau dans ses milieux une par­tie de l’année, comme ce qui est consta­té en Aquitaine, en se réfu­giant dans la végé­ta­tion, en sous-​bois ou dans les berges.

Voir : https://www.cenlr.org/connaissance/la-cistude-deurope
http://www.bourgogne-nature.fr/fichiers/bnhs12-p151a170-cistude-europe_1456583847.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Cistude-d-Europe_2011-2015.pdf

L’impact des éoliennes sur les chauves-​souris

Alors que l’impact des éoliennes sur les popu­la­tions d’oiseaux fait débat depuis de nom­breuses années, la mor­ta­li­té directe dont sont vic­times les chauves-​souris n’a été révé­lée que récem­ment. 

Or les chauves-​souris sont les mam­mi­fères les plus sen­sibles à l’installation d’un parc éolien, aus­si bien les espèces qui chassent en vol dans les espaces déga­gés que lors des migra­tions. La mor­ta­li­té est impu­table à deux fac­teurs. D’abord, les chauves-​souris peuvent entrer en col­li­sion directe avec les pales. Ensuite, le mou­ve­ment de ces der­nières entraine une varia­tion de pres­sion mas­sive autour du corps de ces ani­maux, pro­vo­quant des hémor­ra­gies internes fatales (un phé­no­mène que l’on appelle « baro­trau­ma­tisme »). 

On pense de plus en plus que les chauves-​souris seraient atti­rées par les éoliennes (soit parce qu’elles les confon­draient avec des arbres, ou du fait de la pré­sence d’insectes à proxi­mi­té, entre autres). Enfin, la construc­tion d’un parc éolien est une source impor­tante de per­tur­ba­tions pour les chauves-​souris, l’aménagement de ces infra­struc­tures néces­si­tant de défri­cher, de bâtir des routes, d’acheminer des câbles élec­triques, etc. Cette phase de tra­vaux n’est pas sans effet sur les gîtes de repos et de repro­duc­tion des chauves-​souris ain­si que sur leurs dépla­ce­ments et leurs acti­vi­tés de chasse. 

Abdel Aouacheria

Voir : https://eolien-biodiversite.com/impacts-connus/article/eoliennes-et-chauves-souris
https://www.sfepm.org/eoliennescs.htm

Pourquoi il est important de protéger la biodiversité de Martigny le comte et Ballore

Au niveau des éco­sys­tèmes, Martigny le Comte et Ballore béné­fi­cient d’un impo­sant panel de milieux, prin­ci­pa­le­ment dû à la diver­si­té des sols, des reliefs. Au niveau des espèces, la com­mune abrite un impor­tant cor­tège d’espèces fau­nis­tiques et flo­ris­tiques, dont plu­sieurs qua­li­fiées de remar­quables, notam­ment la Cistude d’Europe.

Le bocage est for­te­ment pré­sent dans la région de Martigny le Comte et de Ballore. Il est for­mé d’un réseau de haies cham­pêtres, asso­cié à un pay­sage de prai­ries, résul­tat d’un agro-​pastoralisme exten­sif ayant for­gé l’identité des ter­ri­toires et source de biens et de ser­vices. 

Bien qu’il s’agisse d’un pay­sage d’origine humaine, ce milieu a des fonc­tions mul­tiples (régu­la­tion et autoé­pu­ra­tion des eaux, régu­la­tion micro-​climatique, main­tien des équi­libres bio­lo­giques) ; il pré­sente aus­si un grand inté­rêt éco­lo­gique.

Le bocage abrite une bio­di­ver­si­té qua­li­fiée d’ordinaire, laquelle par­ti­cipe, néan­moins, de manière signi­fi­ca­tive à la richesse glo­bale du ter­ri­toire. Elle est notam­ment mar­quée par la pré­sence d’espèces exi­geantes (telles que la Pie-​grièche écor­cheur ou la Chouette che­vêche). Différentes chauves-​souris (comme le Petit et Grand Murins, et le Petit Rhinolophe) uti­lisent aus­si le bocage en tant que ter­rain de chasse.

Le bocage est pour­tant loca­le­ment vic­time de tailles régres­sives et d’un entre­tien sim­pli­fié ; des haies dis­pa­rues ne sont fina­le­ment pas rem­pla­cées, avec une perte éco­pay­sa­gère impor­tante.

C’est aus­si un ter­ri­toire très fores­tier, com­po­sé en majo­ri­té de peu­ple­ments feuillus (prin­ci­pa­le­ment chê­naies et hêtraies), mais pos­sé­dant éga­le­ment d’importants peu­ple­ments de rési­neux. 

Ces dif­fé­rents peu­ple­ments fores­tiers pré­sentent une diver­si­té impor­tante, prin­ci­pa­le­ment liée aux condi­tions cli­ma­tiques, géo­lo­giques et de relief. Ils sont éga­le­ment très favo­rables à la pré­ser­va­tion des grands mam­mi­fères ain­si que des espèces liées aux grands arbres. On y retrouve notam­ment cer­taines chauves-​souris (la Barbastelle d’Europe, par exemple) qui gîtent dans le bois mort.